Troubles des conduites alimentaires

Vous êtes dans la rubrique "Travaux de recherche"»"Communications orales"

Création d'un livret pédagogique destiné aux enfants préadolescents en surpoids

24

Auteurs : A. Milléquant,  T. Duminil
Courriel : therese.duminil-delannoy@wanadoo.fr

Introduction :
Aborder le surpoids en consultation de médecine générale chez le préadolescent n'est pas toujours simple. L'objectif de ce travail était de préparer la création d'un livret pédagogique à destination des préadolescents et des professionnels de soins. Ses caractéristiques attendues seraient d'être abordable pour un préadolescent, précis et complet pour un professionnel de soins et ainsi servir d'outil de communication. 

Méthode :
Etude qualitative par analyse de contenu de 11 entretiens libres et 2 focus groups. Des experts de plusieurs professions ont été sollicités : médecins généralistes, pédiatres, pédopsychiatre, infirmières, psychologues, diététiciennes ainsi qu'une enseignante. Les entretiens ont été menés jusqu'à saturation des données avec triangulation des chercheurs.

Résultats :
Les participants ont déterminé l'âge-cible pour le document : les préadolescents de 8 à 12 ans. Les thèmes prioritaires dégagés de l'analyse ont été : alimentation, activité physique, bien être et piège de la publicité. Jeux éducatifs et illustrations étaient nécessaires pour obtenir un document interactif. Plusieurs pré-requis ont été définis : participation des parents pour présenter le document, utilisation d'un langage adapté à l'âge, absence de stigmatisation et motivation initiale de l'enfant. Des limites à cette intervention ont été identifiées : niveau socio-culturel, culture familiale, influence de la publicité, manque de motivation de l'enfant ou ses proches, irrégularité des consultations à cet âge. La nécessité d'un travail associant des professionnels de santé, de la pédagogie et de l'édition a été soulignée.

Discussion :
Cette étude a permis de souligner l'intérêt des professionnels et de poser les bases de la réalisation de ce livret pédagogique. Un projet de plan ainsi que des projets d'illustrations et de jeux éducatifs ont pu être concrétisés.

Le dépistage du diabète gestationnel en question, à propos d'une étude de pratiques

77

Auteurs  : D. Niogret-Buisson ,  C. Baron ,  C. Masson-Bellanger ,  E. Cailliez
Courriel : eric.cailliez@wanadoo.fr

Introduction :
En décembre 2010, les sociétés savantes françaises de gynécologie et diabétologie ont publié de nouvelles recommandations, non validées HAS sur le dépistage et la prise en charge du diabète gestationnel(DG). Les modifications portaient sur un dépistage ciblé au premier trimestre par glycémie à jeun(GAJ) et une vérification au deuxième trimestre par HGPO à 75 gr si le premier test était normal. L'objectif initial de ce travail était de faire un état des lieux des pratiques de dépistage du diabète gestationnel et d'en identifier les difficultés.

Objectif :
Etude quantitative transversale des pratiques déclaratives de médecins généralistes (MG) sur le dépistage du DG deux ans après la parution des recommandations. Questionnaire associant questions fermées et ouvertes, par voie téléphonique pour avoir des réponses spontanées

Méthode et moyens :
Près de  60 % des MG ont répondu. Les pratiques sont hétérogènes mêlant anciennes et nouvelles recommandations. Tous dépistaient, dont deux tiers au premier trimestre par GAJ, mais encore de manière systématique. L'HGPO 75  était souvent réalisée systématiquement au deuxième trimestre. Les MG connaissant le mieux la recommandation  éprouvaient  de nombreuses difficultés à l'appliquer. L'absence de validation HAS, la difficile identification des facteurs de risque, la peur de méconnaitre un DG par un dépistage ciblé s'opposaient  à l'adhésion des généralistes aux recommandations. Le manque de conviction sur la pertinence du seuil de 0,92 g/L de la GAJ pour affirmer un DG entraînait  des vérifications non recommandées.
Les données de la littérature viennent renforcer les doutes émis par les MG sur les limites de cette recommandation


Résultats attendus :
Des études semblent nécessaires pour confirmer le bénéfice du dépistage ciblé du DG, avec les seuils glycémiques retenus actuellement. Quel peut être le risque évolutif de diabètes gestationnels non repérés par dépistage ciblé ?

Modalités du diagnostic de l'anorexie mentale de l'adolescent par le médecin généraliste en ambulatoire

233

Auteurs : C. Ariste-Zelise,    J. Cittée,    D. Maury
Courriel : jccittee@gmail.com

Introduction :
L'objectif de cette étude était d'appréhender les modalités diagnostiques effectuées en pratique par les médecins généralistes en ambulatoire en ce qui concerne l'anorexie mentale de l'adolescent. L'hypothèse générale était que le contexte spécifique en soins primaires devait induire une démarche différente de celle des spécialistes de second recours.

Méthode :
Une enquête qualitative par entretiens individuels semi-directifs a été menée auprès de 18 médecins généralistes installés sur un intersecteur de pédopsychiatrie du Val de Marne. Chacun d'entre eux avait établi ou évoqué au moins une fois le diagnostic d'anorexie mentale chez un adolescent entre 10 et 19 ans. Une analyse de contenu thématique des verbatims a été effectuée.

Résultats :
L'analyse a permis de proposer une modélisation de l'approche diagnostique du médecin généraliste. Le raisonnement diagnostique du médecin généraliste comporte trois étapes. La première correspond à la mise en évidence de critères d'appel : la maigreur, l'amaigrissement, de l'adolescent et/ou l'inquiétude des parents. La seconde correspond à la recherche de critères pertinents pour le diagnostic : la déformation de l'image corporelle et/ou la peur du regard des autres. Les vomissements sont décrits comme pertinents mais leur présence n'est pas indispensable. Afin de parvenir à la dernière étape de confirmation du diagnostic, le médecin généraliste a besoin de réévaluer la situation sur moyen/long terme et d'éliminer un diagnostic différentiel. Pour finir, il se fie à l'avis du spécialiste, à la présence de restrictions alimentaires, d'un déni de la pathologie ou encore au stade avancé de la pathologie avec une présentation bruyante.

Discussion :
Dans cette étude, l'analyse des éléments de pratique individuelle a permis d'identifier une démarche diagnostique pragmatique de l'anorexie mentale chez l'adolescent en soins primaires, inférée à partir de la pratique de médecins généralistes en ambulatoire. Afin de consolider ces critères, une étude quantitative à plus grande échelle serait sans doute nécessaire.

Les difficultés de la prescription de l'activité physique sur ordonnance : Expérimentation “Bouger sur prescription à C “

258

Auteurs : C. Reinert-Giraud,  C. Perdrix
Courriel : corinne.perdrix@wanadoo.fr

Introduction :
La pratique de 30 minutes d'activité physique par jour améliore la santé. Dans le cadre du plan « Sport santé bien-être », une expérimentation de prescription d'activité physique sur ordonnance à tous les patients vus en consultation a été mise en place à C. en 2014. L'objectif de l'étude était d'identifier les difficultés de prescription des médecins et les solutions d'amélioration du dispositif, pour réussir l'élargissement de la prescription aux autres professionnels de santé à C. et en S.

Méthode :
Étude qualitative avec réalisation de  deux focus-groups en mars 2014 incluant neuf médecins volontaires participant à l'expérimentation. Les entretiens ont été enregistrés et retranscrits, puis analysés à l'aide du logiciel NVIVO10®. Les données ont été triangulées avec le directeur de thèse.

Résultats :
La difficulté principale était le manque de temps nécessaire à l'intervention de prescription à chaque consultation. Les médecins n'avaient pas l'habitude d'utiliser des outils de prescription, de suivi de l'activité physique et de l'entretien motivationnel, qui étaient parfois inadaptés. L'originalité et le caractère impératif de la prescription écrite les gênaient. La prescription d'une offre sportive était difficile car les médecins méconnaissaient les structures et les activités adaptées aux patients. Les médecins souhaiteraient orienter tous les patients non autonomes vers un professionnel en activités physiques adaptées et impliquer tous les professionnels de santé dans la prescription.

Discussion :
Malgré les difficultés, les médecins étaient motivés par la prescription. Des pistes d'amélioration nécessitaient des moyens financiers et organisationnels et des adaptations du projet. Le renforcement du dispositif local permettrait d'envisager son extension géographique avec sérénité et succès.

Etude des besoins et attentes de patients participant à des ateliers d'éducation thérapeutique

269

Auteurs : L. Compagnon,  J. Sandretto,  S. Bercier,  S. Brossier,  C. Attali
Courriel : laurence.compagnon@yahoo.fr

Introduction :
L'éducation thérapeutique (ETP) dans les maladies  chroniques est devenue incontournable. Elle peut se faire selon différentes modalités (intégrées aux soins, groupe de patients…).  Les Centres Médicaux de Santé (CMS) de Champigny (94) ont mis en place des ateliers en direction des patients obèses, asthmatiques ou diabétiques. Certains ont assisté à tous les ateliers, d'autres seulement à une partie, d'autres ont refusé d'y participer. Ces 3 groupes de patients ont été étudiés dans un projet de recherche financé par l'Association française pour le développement de l'éducation thérapeutique (AFDET) par 3 thésardes.
L'objectif de ce travail était d'étudier les besoins et attentes du groupe des patients ayant réalisé en entier le parcours d'atelier.


Objectif :
enquête qualitative exploratoire par entretiens semi directifs. Recrutement des patients par courrier puis téléphone pour tenter d'inclure la totalité des patients concernés. Entretien au CMS ou au domicile du patient. Retranscription intégrale des verbatim puis analyse thématique de contenu par lecture croisée de la thésarde et de la directrice de thèse,  à l'aide du logiciel NVivo.

Méthode et moyens :
Les principaux besoins retrouvés des 17 patients inclus étaient: avoir une activité physique, appartenir à un groupe, le besoin de sécurité matérielle et financière incluant le fait d'avoir un logement, un travail et un accès aux soins peu coûteux. Les principales attentes vis -à vis de l'ETP avant de participer aux ateliers étaient: apprendre sur la maladie, rompre l'isolement du malade et entreprendre une démarche combative contre la maladie. La principale attente après l'ETP était celle d'un suivi et d'un soutien. Les attentes concernant le médecin traitant (MT) étaient une relation de confiance, de la disponibilité, un suivi médical, une écoute active et des conseils.

Résultats attendus :
L'exploration des besoins et attentes des patients participants aux ateliers peut permettre d'en améliorer l'efficacité et la portée à long terme. L'implication du MT est indispensable.