Addictions

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Résultats de l'étude CANABIC : "CANnabis et Adolescents : une Intervention Brève pour diminuer leur consommation"

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Auteurs : C. Laporte,  O. Blanc,  B. Pereira,  H. Vaillant-Roussel,  B. Eschalier,  M. de Rosa,  C. Dubray,  G. Clément,  P.-M. Llorca,  P. Vorilhon
Courriel : catherinelaporte63@gmail.com

Introduction :
L'objectif de l'étude CANABIC était de mesurer l'impact d'une intervention brève (IB) réalisée par un médecin généraliste (MG) sur la consommation de cannabis d'adolescent de 15 à 25 ans.

Objectif :
Essai contrôlé randomisé en cluster, stratifié sur 3 régions (Auvergne, Languedoc-Roussillon, et Rhône-Alpes), comparant un groupe intervention (GI), qui réalise l'IB en consultation, et un groupe témoin (GT). Le critère de jugement principal est la consommation déclarée de cannabis en nombre de joints/mois à 12 mois. Le nombre nécessaire pour mettre en évidence une différence significative entre les 2 groupes de 30% de la consommation à 12 mois est de 250 patients (50 MG – 5 patients par MG ; risque alpha = 5 % ; puissance = 90 % ; coefficient de corrélation intra-cluster pho = 0.2 ; effet Hawthorne = 15% ; taux de perdus de vue des MG = 10% et patients = 20%).

Méthode et moyens :
En cours d'analyse.
71 MG ont inclus 262 adolescents. Les médecins et les patients des GI et GT étaient comparables pour leurs caractéristiques sociodémographiques (p>0,05). Le nombre de fumeurs de plus de 30 joints était supérieur dans le GI (p=0,05). Les patients du GI consommaient plus de bangs (p=0,016), de cigarettes (p=0,02) et avaient plus souvent expérimenté la cocaïne (p=0,05). Les résultats pour le nombre de joints fumés à 3, 6 et 12 mois seront disponibles, ainsi que pour tous les critères secondaires (consommation d'alcool et de tabac, perception des répercussions de leur consommation, conduite après avoir consommé).


Résultats attendus :
L'étude CANABIC pourrait renforcer l'idée que l'IB est un bon outil pour le MG dans la prise en charge de la consommation de cannabis de leurs jeunes patients.

Déterminants culturels de la prescription des benzodiazépines au-delà de trois mois en médecine générale : une étude quantitative

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Auteurs : B. Freche,    A. Faurie,    Y. Brabant,    V. Brunet,    R. Boussageon,    J. Gomes
Courriel : bernard.freche@univ-poitiers.fr

Introduction :
La consommation de benzodiazépines en France est un problème de santé publique. Ces molécules, essentiellement prescrites en Médecine Générale, sont à l'origine d'utilisations prolongées aux effets indésirables démontrés. Malgré une durée maximale de prescription de quatre semaines pour les hypnotiques, et douze pour les anxiolytiques, la durée moyenne de prescription est de cinq mois. L'objectif de cette étude était d'identifier les déterminants culturels ayant un impact dans la décision de renouveler une benzodiazépine au-delà de trois mois.

Méthode :
Etude quantitative auprès de 640 médecins généralistes. Dix-huit déterminants de prescription médicamenteuse, issus d'une revue de la littérature, leur ont été soumis. Une évaluation de l'impact de chaque déterminant sur leur pratique de renouvellement, à l'aide d'une échelle d'Osgood cotée de zéro à dix a été réalisée. Les déterminants dont l'impact médian était strictement supérieur à cinq ont été considérés comme important.

Résultats :
Le taux de participation a été de 29%. Les déterminants : formation médicale initiale des étudiants en médecine, formation médicale continue, aptitudes professionnelles, contraintes de temps, exigences des patients, manque d'alternatives thérapeutiques, manque de coordination interprofessionnelle, vision optimiste du médicament et perception d'une pression sociale ou d'une augmentation des problèmes psycho-sociaux, avaient un impact médian strictement supérieur à cinq.

Discussion :
Neuf déterminants, identifiables, dont la formation médicale initiale, ont un impact sur le renouvellement d'une benzodiazépine au-delà de trois mois en Médecine Générale. Il serait intéressant de les porter à la connaissance des médecins et des étudiants en médecine en vue d'améliorer les pratiques.

L'implication des médecins généralistes dans la gestion des abus de substances

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Auteurs : F. Ketterer,  L. Symons,  M.-C. Lambrechts,  P. Mairiaux,  L. Godderis,  L. Peremans,  R. Remmen,  M. Vanmeerbeek
Courriel : f.ketterer@ulg.ac.be

Introduction :
Les médecins généralistes jouent un rôle majeur dans la détection et la gestion des abus de substances. L'étude présentée ici investiguait les facteurs qui influencent leur implication concernant la gestion des abus d'alcool, des drogues illégales, des hypnotiques et des anxiolytiques dans la population belge des 18-65 ans.

Méthode :
20 MG ont été interrogés par entretiens semi-directifs. Le I-Change Model de de Vries a été utilisé pour construire le guide d'entretien et analyser les données récoltées. Il s'agit d'un modèle de prédiction du comportement.

Résultats :
Parmi les principaux résultats de l'étude, il ressortait que les MG étaient fortement influencés dans leur approche par leurs propres représentations de l'abus, qui oscillait leurs responsabilités professionnelles envers ces patients et la responsabilité de ces derniers quant à la gestion de leur santé, avec l'idée de faute morale en substrat. En ce sens, l'abus de substance était perçu sur un continuum entre l'abus comme forme de maladie chronique d'une part, et la faute morale d'autre part. L'alcool et le cannabis étaient néanmoins mieux acceptés socialement que les autres substances. Les propres expériences personnelles des généralistes concernant les abus avaient aussi une incidence sur leur volonté de s'investir avec ces patients.
Pour autant, les pratiques multidisciplinaires (notamment au forfait) et l'expérience étaient évoquées comme des facteurs importants quant à l'engagement dans la gestion. Les contraintes temporelles et l'investissement demandé étaient, en revanche, considérés comme des barrières.


Discussion :
Les facteurs motivationnels apparaissaient centraux dans la décision de s'investir dans la gestion des abus de substances, bien davantage que les connaissances théoriques et les formations qui semblaient plus secondaires. La peur du burn-out s'exprimait donc en substrat. La formation des MG devrait tenir compte de ce souhait de se protéger, afin de favoriser simultanément une approche centrée sur le patient.

Diagnostic et représentations des addictions chez les internes de médecine générale

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Auteurs : J. Dupouy,    A. Vergnes,    M. Bismuth,    J. Birebent,    P. Mesthé,    S. Oustric
Courriel : m.bismuth@wanadoo.fr

Introduction :
L'addictologie est une discipline dans laquelle les représentations envers les patients empreignent les attitudes des soignants. La formation en addictologie se doit donc d'être solide pour supprimer les attitudes stigmatisantes. Dans ce contexte, on peut supposer que les étudiants stigmatisant le plus les patients ayant des troubles addictifs sont ceux n'ayant pas une vision de l'addiction comme maladie du fait de leur manque de formation entraînant une méconnaissance des critères diagnostics de l'addiction et des erreurs diagnostiques. Notre objectif principal était d'évaluer la capacité des internes en médecine générale à réaliser un diagnostic d'addiction. Notre objectif secondaire était d'évaluer si cette capacité à poser le diagnostic d'addiction était corrélée à une moindre stigmatisation de ces patients.

Objectif :
Une étude observationnelle transversale a été réalisée à l'aide d'un questionnaire en 5 parties utilisant notamment une situation clinique d'addiction au tramadol (une question à choix multiples recueillait le diagnostic posé, des diagnostics différentiels étaient proposés) et une échelle  validée (Attitudes to Mental Illness Questionnaire AMIQ, un score négatif indique une stigmatisation, un score positif l'inverse) afin d'évaluer respectivement le diagnostic et la stigmatisation des patients par les internes en 3ème année de DES de médecine générale en France.

Méthode et moyens :
Sur les 1279 étudiants sollicités, 303 étudiants (23,7%) ont rempli le questionnaire. Le diagnostic majoritairement porté à 82% sur la situation clinique était celui d'addiction. Le score moyen AMIQ était de -3.9 +/- 2.4. Il n'a pas été retrouvé de corrélation entre le diagnostic d'addiction et la stigmatisation des patients.

Résultats attendus :
En dépit de connaissances diagnostiques addictologiques satisfaisantes,  notre étude a retrouvé une stigmatisation importante des internes de médecine générale envers les patients ayant une addiction. La persistance d'attitudes stigmatisantes doit nous interroger concernant la formation actuelle des internes en médecine générale.