Plaintes subjectives et complexes

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Recours aux Médecines Non Conventionnelles : étude descriptive par questionnaire auprès de patients de médecine générale dans la région Caen

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Auteurs : A.-S. Devos,  A. Henriot
Courriel : aymeric.henriot@yahoo.com

Introduction :
Le recours aux médecines non conventionnelles (MNC) connaît un essor important partout dans le monde depuis quelques années. En France, plusieurs études ont déjà été réalisées autour des MNC mais aucune ne concernait les usagers de la région XXX.
Objectifs principal : Evaluer les déterminants du recours aux MNC en XXX par les patients fréquentant les cabinets de médecine générale.
Objectifs secondaires : établir des profils dans la population ayant recours aux MNC et les déterminants de leurs choix de recours à des MNC


Objectif :
Etude quantitative descriptive transversale par questionnaires anonymes distribués aux patients dans des cabinets de médecine générale et une pharmacie, de trois départements. 

Méthode et moyens :
Nous avons recueilli 307 questionnaires dans 7 cabinets de médecine générale et une pharmacie. La prévalence du recours aux MNC était de 67,4%. Tandis que 31,9% des patients avaient eu recours à une MNC au moins une fois dans leur vie, 35,5% les avaient utilisées dans les 12 derniers mois. Le sexe féminin et deux catégories socioprofessionnelles (cadres supérieurs et professions intermédiaires) étaient associés positivement au recours aux MNC. Les trois MNC les plus utilisées étaient l'ostéopathie, l'homéopathie et l'acupuncture. Les patients avaient principalement recours aux MNC pour des douleurs musculo-squelettiques et des troubles psychologiques. La majorité des patients considéraient les MNC comme complémentaires de la médecine conventionnelle. 88,9% d'entre eux en étaient satisfaits. 39% n'avaient pas informé leur médecin traitant de leur utilisation.

Résultats attendus :
Notre étude retrouvait un engouement des patients de la région XXX pour les MNC similaire aux précédents travaux réalisés sur ce sujet. Nous retrouvions également un manque de communication entre patients et médecins au sujet des MNC qui invite à réfléchir sur leur intégration dans notre système de soins.

Le syndrome des jambes sans repos dans la trajectoire de vie

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Auteurs : H. Préau,  J.-P. Canévet
Courriel : Jean-Paul.Canevet@univ-nantes.fr

Introduction :
Le syndrome des jambes sans repos, entité subjective récente, sans étiopathogénie clairement définie, est objet de controverses scientifiques. La richesse des plaintes contrastant avec la pauvreté clinique, et la chronicité de ce trouble fréquent en soin primaire ont incité à une approche qualitative pour tenter de comprendre comment ce syndrome s'inscrit dans la trajectoire de vie des patients et le sens qu'ils lui donnent.

Méthode :
Inspirée de l'éthnosociologie, la technique de recueil de récits de vie, destinée à explorer des phénomènes sans hypothèse explicative, a été utilisée  auprès de patients rencontrés en médecine générale ou à l'hôpital, jusqu'à saturation du modèle.
Les entretiens enregistrés ont été analysés par cas singuliers pour repérer des récurrences permettant d'élaborer des hypothèses.


Résultats :
Les onze patients rencontrés ont spontanément relié leur vécu ou certains traits de leur personnalité et leur syndrome. Ils rapportaient tous une enfance ou une adolescence fragilisée par la maladie ou des frustrations affectives durables majeures, ravivées à l'âge adulte par un événement traumatisant. Les patients se définissaient comme anxieux et hyperactifs, dans l'incapacité de supporter l'inaction physique et psychique. Tous se montraient malades experts investis dans leur prise en charge, critiques envers le corps médical. L'invalidation, peu marquée dans leur vie quotidienne était surtout liée aux troubles du sommeil. Seuls deux patients permettaient d'évoquer un registre névrotique du syndrome.
Cette étude, au plus près des perceptions des patients, permet de faire l'hypothèse que ce syndrome est vécu comme une composante identitaire, cicatrice symbolique et socialement acceptable de fragilités anciennes.


Discussion :
Cette approche narrative centrée sur le sens donné au corps souffrant, ouvre la possibilité de  construire un projet de soins en rupture avec le sentiment d'échec des soignants face à une plainte chronique inexpliquée.

Diagnostic et prise en charge des plaintes subjectives et complexes en médecine générale. Résultats comparés avec la Norvège

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Auteurs : J.-P. Canévet,  C. Millet.Charpy,  L. Doussin,  M.-J ourdain,  R. Senand
Courriel : Jean-Paul.Canevet@univ-nantes.fr

Introduction :
Les symptômes médicalement inexpliqués (SMI) sont fréquents en soins primaires. Ils mobilisent le système de soin, générèrent des couts importants et des risques iatrogènes. Ils mettent en difficulté les généralistes. Pour mieux connaitre les perceptions et pratiques des généralistes face à ces plaintes et vérifier la cohérence européenne de la discipline, une enquête comparative internationale a été menée en France et en Norvège.

Objectif :
9 consultations réelles avec SMI, filmées, rejouées par des acteurs, sous titrées, ont été présentées à un échantillon de généralistes nantais et vendéens. Un questionnaire rempli par les participants après chaque consultation recueillait leurs diagnostics, l'évaluation de la plainte et les déterminants de la prescription d'arrêt de maladie. Les diagnostics ont été recodés selon la CISP.

Méthode et moyens :
46 généralistes français ont visionné les consultations. Entre 5 et 20 diagnostics principaux différents ont été proposés pour chacun des 9 cas. 69% des diagnostics appartenaient à la catégorie  «psychological» de la CISP. Au moins 3 diagnostics-un principal et 2 secondaires-étaient proposés par chaque médecin pour un même cas. Les chapitres diagnostiques étaient identiques à 77,8% en France et en Norvège. Un arrêt de travail était prescrit dans 77% des 414 questionnaires  (75,6% en Norvège). Pour 3 situations, la décision d'arrêt de travail n'était pas consensuelle, aussi bien en France qu'en Norvège. La prescription d'arrêt de travail était inversement proportionnelle au nombre de diagnostics posés. Les circonstances de vie personnelle du patient constituaient, pour les médecins de l'échantillon, la composante principale de la plainte. Les déterminants médicaux et de santé étaient la principale raison de l'arrêt de travail dans 56% des cas.

Résultats attendus :
Les résultats français et scandinaves mettent en évidence une relative homogénéité  de la discipline dans la difficulté à caractériser ces plaintes, que l'équipe norvégienne propose de nommer « subjectives et complexes ».

Impact de l'activité physique et de la nutrition sur les crampes nocturnes des patients de plus de 60 ans

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Auteurs : C. Bodot,  E. Bigerel,  C. Granda,  L. Epifani,  F. Rougerie,  J. Chambe,  H. Maisonneuve
Courriel : hubert.maisonneuve@gmail.com

Introduction :
Les crampes idiopathiques nocturnes des membres inférieurs concernent environ une personne sur deux de plus de 60 ans. Elles sont responsables d'une altération de la qualité de vie et du sommeil. Les facteurs favorisants sont mal connus. L'objectif ce travail était d'évaluer l'influence de la sédentarité puis, dans un second temps, de la consommation de boissons alcoolisées et caféinées sur la survenue des crampes chez les plus de 60 ans.

Méthode :
Etude cas-témoins portant sur 276 sujets de 60 ans et plus, recrutés en cabinet de Médecine Générale, appariés selon l'âge, le sexe, les antécédents et les traitements susceptibles de provoquer des crampes. Le recueil de données a été réalisé à l'aide de deux questionnaires validés : le questionnaire d'activité physique de Dijon et l'auto-questionnaire IGR utilisé dans l'étude E3N. L'analyse statistique a été faite sous paradigme bayésien. 

Résultats :
Nous avons observé un lien statistique entre les crampes idiopathiques et la sédentarité (OR=2,35, IC95%[0,162 ; 1,077], probabilité=96,3%) et un lien entre consommation d'alcool et présence de crampes (OR=6,5; IC 95%=[1,68; 35,80];  probabilité=99,78%).
Nous n'avons pas pu mettre en évidence de lien entre la consommation de café ou de vin blanc et la présence de crampes.

Discussion :
Les critères d'inclusion et la méthode d'appariement des volontaires pourraient être une limite à la qualité de nos résultats. Une étude cas-témoins ne permet pas d'apporter de lien de causalité entre sédentarité et crampes nocturnes. Ce travail devrait être complété par une étude de cohorte. La promotion de l'activité physique ainsi que la limitation de la consommation des boissons alcoolisées pourraient constituer un moyen de prévenir les crampes idiopathiques.

Prévalence des crampes nocturnes des patients de plus de 60 ans

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Auteurs  : H. Maisonneuve,  J. Chambe,  F. Rougerie,  J.-L. Gries,  C. Jung,  M. Lévèque
Courriel : hubert.maisonneuve@gmail.com

Introduction :
Les crampes sont des contractions douloureuses spontanées d'un muscle ou groupe de muscle. Elles affectent particulièrement les membres inférieurs des patients âgés. Les études épidémiologiques sont anciennes et concernent principalement des populations non représentatives des population de soins primaires. L'objectif de cette étude était d'évaluer la prévalence et les principales caractéristiques des crampes des patients de plus de 60 ans.

Objectif :
Étude transversale, prospective menée à partir d'un questionnaire en cabinet de médecine générale entre octobre 2011 et mars 2012. L'échantillonnage utilisait la méthode du pas systématique. Le questionnaire abordait la présence de crampes, leur fréquence, ancienneté, localisation, caractère nocturne, les traitements médicamenteux, les antécédents, des critères cliniques et biologiques. La prévalence était décrite avec intervalle de confiance ajusté en cluster. Analyse multivariée par régression logistique afin d'ajuster la prévalence des crampes en fonction de l'âge et du genre.

Méthode et moyens :
Nous avons recruté 516 patients dans 25 cabinets de médecine générale. La prévalence était de 46% IC 95[39;51],  35% de l'ensemble des patients disaient être réveillés par les crampes. On observait deux pics de fréquence : moins de 3 fois par mois et entre 1 et 3 fois par semaine. La prévalence augmentait légèrement entre 65 et 69 ans. Le genre n'influait pas. La majorité des patients souffrait de crampes depuis plus de 5 ans.

Résultats attendus :
En cabinet de médecine générale, les crampes nocturnes concernent presque un patient de plus de 60 ans sur deux. L'altération de la qualité de sommeil entraine une altération de la qualité de vie. Malgré la faible fréquence, des études sont nécessaire afin d'explorer l'épidémiologie et d'évaluer l'efficacité des traitements pharmacologique ou non pharmacologiques.