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Rôle souhaité des médecins généralistes dans le dépistage du mélanome : une étude qualitative

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Auteurs : M.-F. Borys,  C. Millot,  E. Honnart,  P. Wartel,  A. Peltier,  T. Duminil
Courriel : therese.duminil-delannoy@wanadoo.fr

Introduction :
L'incidence du mélanome est en constante augmentation ces dernières années. Le nombre de dermatologues diminue. La littérature et le dernier rapport de l'HAS sur le mélanome concluent au rôle central du médecin généraliste dans son dépistage.
Comment les médecins généralistes souhaitent-ils intégrer le dépistage du mélanome dans leur pratique ?

Méthode :
Etude qualitative par analyse thématique de contenu. Trois focus groups ont été réalisés auprès de médecins généralistes. La variance maximale a été recherchée dans l'échantillon. L'analyse des données, à l'aide du logiciel Nvivo, a été réalisée avec une triangulation des chercheurs.

Résultats :
Les médecins généralistes déclaraient pratiquer de plus en plus de dermatologie. Ils ne se sentaient pas assez sensibilisés ni formés au dépistage du mélanome. Le dépistage du mélanome était vécu comme chronophage, non systématique et difficile à réaliser. Ils concluaient effectivement qu'ils avaient un rôle à jouer principalement en matière de prévention et de dépistage des lésions à risque. Toutefois, il fallait que ce dépistage soit effectué en réseau avec les dermatologues. Ils soulignaient que la prise en charge dépendait de la rapidité d'accès au dermatologue. L'examen cutané systématique s'avérait essentiel et pourtant difficile à mettre en place.

Discussion :
Les médecins généralistes étaient conscients de l'importance de la prévention et du dépistage du mélanome. Le médecin généraliste a d'ores et déjà un rôle clé dans le dépistage du mélanome. Il pourrait être optimisé avec un renforcement du travail en réseau, un déshabillage plus large, avec une observation cutanée systématique.

Améliorer le dépistage de l'ostéoporose en médecine générale : une étude qualitative

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Auteurs : Th. Duminil-Delanoy, L. Durand, C. Goudaert
coragoud@yahoo.fr

Introduction :
L'ostéoporose est sous-estimée et sous dépistée en France. Les fractures
ostéoporotiques engendrent une mortalité précoce et des dépenses de santé
importantes. L'ostéoporose est considérée comme une pathologie féminine.
Elle touche cependant les deux sexes. Comment améliorer le dépistage de l'ostéoporose en médecine générale ?

Méthode :
Etude qualitative par analyse thématique de contenu. 11 entretiens
semi-directifs et 2 focus groups de médecins généralistes ont été réalisés.
L'analyse des données a été réalisée par deux chercheurs. La saturation des
données a été atteinte.

Résultats :
Les consultations de médecine générale n'étaient pas principalement
orientées vers le dépistage. L'ostéoporose était considérée comme une
pathologie peu préoccupante en raison des manifestations cliniques tardives. L'archétype
de l'ostéoporose était la femme ménopausée. La corticothérapie était citée
comme le premier facteur de risque. La douleur déclenchait les
investigations. Les critères de remboursement de l'ostéodensitométrie
étaient méconnus. La diminution de l'usage des traitements hormonaux
substitutifs entraînait une baisse de vigilance des médecins sur le
diagnostic de l'ostéoporose. Les médecins généralistes n'étaient pas
convaincus par les traitements anti-ostéoporotiques. Ils émettaient des
doutes sur leur efficacité, des craintes quant à leurs effets secondaires.
Ils redoutaient un manque de compliance des patients. Les outils de
dépistage étaient peu exploités. Le manque de temps était avancé comme le
frein principal au dépistage.

Discussion :
Mesurer la taille des patients, prendre en compte les facteurs de risque,
faciliter l'accès à l'ostéodensitométrie par l'information pourraient être
les piliers d'un meilleur dépistage de l'ostéoporose

Réhabilitation respiratoire des patients atteints de BPCO : pratiques, vécu et attentes des kinésithérapeutes libéraux

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Auteurs : C. Dumay,  R. Lafosse,  D. Pelca,  D. Bourgeois-Devaux,    P. Bauduin,  J. Cittée
Courriel : christian.dumay@free.fr

Introduction :
La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) représente un enjeu de santé publique et en soins primaires. Parmi les acteurs de soins primaires, le kinésithérapeute a une place importante, notamment pour les patients les plus graves. Les soins de réhabilitation respiratoire constituent un élément majeur de la prise en charge.
L'objectif de cette étude était d'identifier les pratiques, le vécu et les attentes des kinésithérapeutes exerçant dans le 94 et le 77 concernant les patients atteints de  BPCO.


Objectif :
Un questionnaire élaboré par des kinésithérapeutes et des médecins (généralistes et pneumologue-rééducateur) validé par un comité de pilotage pluridisciplinaire a été adressé par voie électronique et postale aux 166 kinésithérapeutes libéraux des deux départements.  Il comportait un volet recueillant le profil du kinésithérapeute, les caractéristiques des patients traités, de la prescription, du plateau technique et de la kinésithérapie réalisée et un deuxième volet recueillant les attentes et les besoins des kinésithérapeutes.

Méthode et moyens :
95 questionnaires exploitables ont été recueillis. Le nombre de patients souffrant de BPCO suivis dans l'année  était en moyenne de 2.41 en soins au long cours et de 3.11 en exacerbation. Les prescriptions émanaient des médecins généralistes et des pneumologues à parts égales).
La kinésithérapie respiratoire était prescrite majoritairement  (90%) alors que la kinésithérapie motrice restait très minoritaire (36 %).
Les kinésithérapeutes attendent principalement du prescripteur un diagnostic et des objectifs (45%) mais aussi  des précisions de rééducation respiratoire, musculaire ou de réadaptation à l'effort (25%).
Les techniques utilisées sont pour 71% tout à fait conformes aux recommandations.
Le premier obstacle à cette rééducation cité par les kinésithérapeutes est le manque de rentabilité financière alors que 88% des kinés sous-coteraient leurs soins. Le matériel technique ne semble pas être un obstacle.


Résultats attendus :
La kinésithérapie dans la BPCO semble insuffisamment pratiquée mais praticable par la majorité des enquêtés.

Ressenti de 285 médecins généralistes sur l'utilisation du Methotrexate et des anti-TNF

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Auteurs : M. De Rosa,  V. Moiroud,  E. Berthet,  S. Mathieu,  M. Soubrier,  C. Laporte,  P. Vorilhon.
Courriel : marion.derosa@yahoo.fr

Introduction :
Les rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) touchent 1% de la population. Les traitements de fond, methotrexate (MTX) ou anti-TNF, sont fréquemment prescrits en seconde intention. Le médecin généraliste (MG) est en 1ère ligne pour gérer ces traitements et leurs effets indésirables. Notre étude quali-quantitative, évalue le ressenti des MG face à l'utilisation de ces traitements afin de mieux cerner les réticences et besoins des MG dans ce domaine. Nous présentons ici les résultats quantitatifs.

Objectif :
Un questionnaire a été envoyé par voie postale à 1190 MG de la région Auvergne, afin de connaître ceux suivants des patients sous MTX ou anti-TNF, leurs caractéristiques, leurs difficultés en pratique courante et leurs attentes pour faciliter la gestion de ces traitements.

Méthode et moyens :
Le taux de réponses favorables était de 23,9% (n=285). Sur 230 utilisant le MTX (81%), 113 rapportent des difficultés dans la gestion du traitement, lors de problèmes infectieux (30%) et de survenue d'effets indésirables (23%). 31% sont gênés par les interactions médicamenteuses. 22% des MG (n=41) sont prêts à introduire du MTX. Sur 189 (66%) utilisant les anti TNF, 127 rencontrent les mêmes difficultés mais avec une fréquence plus élevée (problèmes infectieux : 53 % ; effets indésirables : 29 % et interactions médicamenteuses : 39 %). 57,2% des MG (163/285) pensent que les anti-TNF ont un rapport bénéfice risque favorable. 80% souhaitent une formation complémentaire.

Résultats attendus :
Les MG, acteurs centraux dans la prise en charge des patients ayant un RIC, rapportent pour plus de la moitié d'entre eux des difficultés dans la gestion du MTX et des anti-TNF. Des outils pratiques d'aide au suivi restent à élaborer dans ce domaine.

Cancers de la peau : quelle implication des médecins généralistes dans la pratique de tous les jours ? Une analyse descriptive à partir de 17019 consultations

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Auteurs : S. Houd,    C. Grimault,    A. Gaultier,    A. Mercier,    L. Letrilliart,    J.-M. Nguyen,    C. Rat
Courriel : sara.houd@hotmail.fr

Introduction :
Du fait de son rôle en soins primaires, le médecin généraliste est un acteur potentiellement important pour le diagnostic précoce des cancers de la peau. Si l'incidence des mélanomes est faible, les carcinomes de la peau sont eux les cancers les plus courants, avec une incidence supérieure à celle du cancer du côlon. Toutefois, l'implication des médecins généralistes dans ce champ est mal connue. Un manque d'implication et de compétence a pu être mis en cause. L'objectif de notre étude était de décrire l'activité des médecins généralistes dans ce champ de l'onco-dermatologie.

Méthode :
Notre étude a exploité les données de l'étude ECOGEN, étude transversale, multicentrique, nationale. Ces données rapportaient les  motifs, résultats, et procédures de 20781 consultations, représentatives de l'activité de 128 médecins généralistes pendant 5 mois, codés selon la CISP-2.
Nous avons comparé les caractéristiques des consultations dites « onco-dermatologiques » et « dermatologiques hors cancérologie », aux consultations ne comportant pas ces motifs, résultats, ou procédures.


Résultats :
Les consultations d'onco-dermatologie représentaient 0.7% de l'ensemble des consultations. Les problèmes onco-dermatologiques étaient plus fréquemment abordés après une sollicitation du médecin généraliste qu'après une sollicitation du patient (70,7% vs 29,3%). Ces consultations comportaient en moyenne un motif de consultation supplémentaire (3.74 vs 2.69, p<0,001) et elles étaient plus longues (18,41 vs 17,11min, p=0,003).
S'agissant des procédures, les médecins ont réalisé moins d'examens cliniques lors de ces consultations (67,5% vs 97,1%, p<0.001) et ont plus fréquemment sollicité un avis spécialisé que pour les autres consultations (39% vs 12,1%, p<0,001).

Discussion :
Cette étude confirme que les motifs onco-dermatologiques sont peu représentés dans la consultation de médecine générale. Elle montre l'implication des médecins généralistes : les situations où le patient pointe lui-même une lésion sont minoritaires ; plus fréquemment, c'est le médecin qui se préoccupe de dépister.