Patients diabétiques

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Comportements et attentes des migrants turcs diabétiques de type 2 confrontés au jeûne du Ramadan

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Auteurs : T. Bulut,  H. Sogut,  C. Herdt,  D. Gras
Courriel : drgras@noos.fr

Introduction :
Malgré l'exemption du jeûne du Ramadan pour les maladies chroniques, de nombreux diabétiques musulmans choisissent de jeûner, avec ou sans approbation de leurs médecins, et ce, en adoptant souvent des comportements les mettant en danger. De nombreuses études ont été réalisées mais aucune n'a été faite sur la communauté musulmane d'origine turque en France. L'objectif de l'étude était de décrire le comportement et d'évaluer les attentes de ces patients.

Méthode :
Etude observationnelle transversale quantitative et qualitative, basée sur un entretien téléphonique individuel dirigé avec un questionnaire rédigé en turc, portant sur des patients diabétiques de type 2 musulmans d'origine turque, recrutés par annonce avant la prière du vendredi dans 4 mosquées majoritairement fréquentées par cette population, dans le Bas-Rhin.

Résultats :
80 patients ont répondu. 75% ont exprimé leur intention de jeûner. Parmi ces jeûneurs, seuls 40% ont exprimé l'intention de modifier leur alimentation et 68% ont exprimé leur intention de modifier leur traitement. 75% des jeûneurs n'ont pas l'intention de modifier la fréquence de leurs contrôles glycémiques. 44% des jeûneurs estiment ne pas avoir besoin de consulter pour avoir des conseils avant le jeûne. Les autres souhaiteraient un accompagnement pluridisciplinaire : médecin, imam et soignant. Parmi les patients ne voulant pas jeûner (25%), 55% ont quand même exprimé une intention de modifier leur alimentation pour s'adapter à l'entourage qui jeûne.

Discussion :
Le comportement des migrants turcs diabétiques de type 2 confrontés au jeûne du Ramadan est en inadéquation avec les recommandations, voire dangereux pour leur santé. Cette étude est couplée à une enquête sur les attentes et difficultés des soignants face aux patients DT2 jeuneurs. Ces deux études permettront de préciser les messages de formation d'ETP Alsace pour les soignants et imams.

Vécu des conjoints de patients avec un diabète de type 2

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Auteurs : M. Leblanc,  M. Pruvost,  B. Stalnikiewicz
Courriel : bertrand.stalnikiewicz@gmail.com

Introduction :
Le vécu des patients avec un  diabète de type 2 a été étudié. Celui du conjoint est moins connu. Quel est le vécu des conjoints de patients diabétiques ?

Objectif :
Une étude en  théorisation ancrée a été menée. Le recrutement a été raisonné. Le critère de non-inclusion était un diabète chez le participant. Le recueil de données a été réalisé par entretiens semi-dirigés, jusqu'à saturation des données. L'analyse a été menée par 2 chercheurs, en théorisation ancrée.

Méthode et moyens :
L'annonce du diabète, était  vécue comme un choc. L'histoire familiale influait sur cette perception. L'inquiétude des complications était fréquente, mais la prise en charge rassurait la plupart des participants, même si certains évoquaient un manque de communication des soignants. Le risque d'hypoglycémie était anxiogène pour les participants. La majorité avait acquis des connaissances sur la maladie et s'investissait tant sur le plan médical qu'hygiéno-diététique. L'alimentation était vécue comme difficile et source de conflit. Les participants considéraient mener une vie normale  malgré les répercussions sociales de la maladie et avaient une vision positive de leur rôle d'aidant. La gestion au quotidien de la maladie du conjoint avait peu de conséquences sur l'activité professionnelle. Le manque d'implication de la famille était parfois reproché. Le retentissement du diabète sur la sexualité du couple était évoqué et source de souffrance

Résultats attendus :
Le recrutement majoritairement féminin interroge sur l'implication des conjoints masculins. Le vécu exprimé est similaire aux données de l'étude DAWN2, même si les répercussions sociales sont minimisées. Le caractère anxiogène des hypoglycémies et les répercussions sur la sexualité sont probablement sous estimés par les soignants. L'implication du conjoint  dans la mise en œuvre des mesures hygiéno-diététiques apparait nécessaire à sa pérennité

Que soigne-t-on ? Un chiffre ou un patient ?  Regards croisés des médecins et des patients sur l'hémoglobine glyqué : Quel impact sur l'inertie clinique ?

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Auteurs  : F. Gentil,  L. Sylvestre,  X. Lainé,  A. Moreau
Courriel : xlaine@wanadoo.fr

Introduction :
L'Hba1c, dans le diabète  de type 2, est utilisée pour la détermination des objectifs thérapeutiques, mais aussi pour l'évaluation de leur efficacité chez les patients. Ce critère biologique devient un "critère de substitution" aux critères cliniques de morbimortalité. Ce travail s'est fixé comme objectif d'étudier les représentations des médecins généralistes et des patients vis à vis de l'Hba1c et leurs impacts sur l'inertie clinique.

Méthode :
Méthode qualitative par entretiens semi-dirigés auprès de 10 patients et 10 médecins. Le codage et l'analyse ont été faits à l'aide du logiciel NVivo. La  triangulation des données s'est faite entre les 2 thésards et le directeur de thèse.

Résultats :
L'Hba1c "reflet global" de la maladie et de l'efficacité des thérapeutiques, est "une aide à la prescription et à l'adaptation" des thérapeutiques, un "langage commun" entre médecins et patients permettant de "justifier le traitement". L'Hba1c est aussi un outil d'auto-évaluation dans sa pratique et d'évaluation de l'efficacité du médecin. Les praticiens préfèrent "temporiser" avant de modifier leurs prescriptions devant une élévation de l'Hba1c, sans se considérer dans l'inertie clinique.
Ils insistaient pour prendre en charge les patients dans leur globalité.
Pour les patients c'est une valeur mobilisatrice d'émotions, moralisatrice lorsque le chiffre est élevé, positive et renforçatrice des efforts quand le chiffre est bas. L'impatient préfère que son médecin agisse vite et le patient préfère attendre de voir l'effet des règles hygiéno-diététiques.


Discussion :
Il existait une ambivalence entre une vision "centrée-maladie" où l'Hba1c représentait une aide précieuse et une vision "centrée-patient" où le soin doit s'adapter au patient sans être guidé uniquement par un chiffre. Au delà de la simple adhésion du patient, il convenait de mettre en place une "concordance" entre les expertises des médecins et des patients avec des objectifs réalistes, conjointement décidés et acceptés.

Le vécu de l'activité physique adaptée et son impact sur le comportement des patients diabétiques

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Auteurs : P. Roua,  C. Reverdy
Courriel : patrick.roua@wanadoo.fr

Introduction :
un programme d'éducation thérapeutique organisé avec les  réseaux Carédiab et Sport santé a proposé aux patients diabétiques de Champagne Ardennes la pratique d'une activité physique adaptée.

Méthode :
Une étude qualitative par entretiens semi-dirigés est menée auprès de patients diabétiques pour but d'évaluer le vécu de cette activité.

Résultats :
•Manque d'information et idées reçues sur l'activité physique sont sources de démotivation ;
•Mauvaises expériences : blessures, hypoglycémie... restreignent les pratiques physiques par crainte d'atteinte à leur autonomie ;
•Le mode de vie qui ne valorise pas l'activité physique est un frein, les patients n'y pensent pas car ils n'en ressentent ni l'envie, ni la nécessité ;
•Les activités  proposées doivent être variées, peu onéreuses, adaptées à l'âge,  aux capacités et à la morphologie ;
•A plus de 60 ans ils s'estiment trop vieux pour pratiquer une activité ;
•Le lieu doit être proche du domicile, accessible, adapté, sain, sécurisé ;
•La présence d'un éducateur, disponible, à l'écoute est important ;
•Faire une activité physique seul est un frein ;
•L'appartenance au groupe est  facteur de motivation ;
•Manque de temps, horaires de cours non adaptés sont régulièrement cités
Les bénéfices de l'activité physique adaptée
•Physiquement diminution des douleurs et gain de souplesse, une meilleure endurance rendant leurs déplacements moins pénibles. Parfois sensation de manque lors d'un arrêt prolongé. Redécouverte du corps offrant meilleure acceptation de soi, majorée si perte de poids ;
•L'activité physique ne permet pas de mieux vivre son diabète mais apporte progressivement amélioration au niveau traitement ou constantes biologiques ;
•Mieux moralement, certains retrouvent une meilleure estime d'eux mêmes, un but de sortie,  une manière d'occuper leur temps libre et de retisser du lien social.


Discussion :
•Les soignants doivent utiliser les bons « mots » avec un langage clair lorsqu'ils évoquent l'activité physique pour éviter une perception péjorative ;
•Le  médecin reste à l'initiative de l'engagement des patients ;
•L'éducateur sportif semble plus compétent pour conseiller les patients lors d'une activité nouvelle ;
•Les bénéfices sur l'organisme ne motivent pas car ils sont retardés.