Internes en médecine générale

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Concilier parentalité et études médicales : résultats provisoires d'une étude qualitative auprès des internes de médecine générale.

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Auteurs : M. Levecq,    A. Peltier,  P. Wartel,  E. Legrand,  H. Backelandt,  J.-J. Leduc,  T. Duminil
Courriel : marion.levecq@gmail.com

Introduction :
Les internes de médecine générale sont majoritairement des femmes en âge de fonder une famille. L'objectif de ce travail était d'analyser les motivations du choix de la parentalité durant les études, son vécu et son retentissement sur la vie professionnelle et personnelle.

Méthode :
Etude qualitative de 7 entretiens semi-dirigés d'internes de médecine générale devenues mères au cours de leur cursus médical. La variance maximale était recherchée dans l'échantillon. Les données ont été analysées par analyse thématique.

Résultats :
L'accès aux informations concernant les droits, devoirs et organisation de l'interne enceinte était décrit comme difficile. Les interlocuteurs étaient multiples, mal identifiés et parfois mal informés. La fonction de l'interne en surnombre dans les services était aléatoire et non règlementée. Mais la création de ce statut était vécue comme une avancée. L'internat était décrit comme la période la plus favorable pour un premier enfant, à condition que le projet de parentalité soit réfléchi. Les conséquences sur la formation étaient nombreuses : déclassement, retard dans les études, amplification des difficultés liées aux gardes. Devenir parent exigeait une organisation presque militaire. Des difficultés supplémentaires liées aux spécificités du statut d'interne pouvaient apparaître. Elles étaient amplifiées lorsque les deux parents appartenaient au corps médical. Les aidants occupaient une place clé dans l'organisation familiale. Pour toutes les internes interrogées, la maternité apportait un enrichissement à la fois personnel et professionnel qui prévalait sur toutes les difficultés rencontrées.


Discussion :
La mise en place d'un livret d'information et d'une personne ressource dans les facultés pourrait réduire les difficultés des internes. La création d'aménagements lors de la reprise du travail pourrait faciliter l'allaitement, et permettre aux jeunes mères de passer plus de temps avec le nourrisson. Un focus group est prévu pour compléter les résultats de cette étude.

Connaissance de la prise en charge du syndrome d'épuisement professionnel par les internes en médecine générale

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Auteurs : J. Phillips,  M. Delahaye,  A. Freyens,  J. Birebent,  M. Bismuth,  B. Escourrou,  S. Oustric
Courriel : m.bismuth@wanadoo.fr

Introduction :
Une forte prévalence du syndrome d'épuisement professionnel a été mise en évidence chez les internes de médecine générale en France. Une prise en charge existe au département universitaire de médecine générale et à l'association MOTS (Médecin Travail Organisation Santé) qui œuvre autour de l'organisation du travail et la santé des médecins. L'objectif de cette étude est d'évaluer les connaissances des moyens de prise en charge du syndrome d'épuisement professionnel chez les internes en médecine générale

Objectif :
Un auto-questionnaire comportant des questions sur la connaissance et l'utilité perçus des moyens de prise en charge du syndrome d'épuisement professionnel et le Maslach Burnout Inventory a été adressé aux internes en mars 2014 par courrier électronique.

Méthode et moyens :
211 questionnaires ont été exploités, soit un taux de réponse de 52%. La prévalence du syndrome d'épuisement professionnel est de 45 %. Les rôles du département universitaire de médecine générale et du tuteur sont connus respectivement par 72% et 67% des internes et ils sont perçus comme moyennement à très utiles par respectivement 40% et 51% des internes. L'association MOTS est connue par 27% des internes; 17% connaissent son rôle. Parmi eux 78% la trouvent moyennement à très utile. Les moyens considérés comme étant les plus utiles sont par ordre d'importance : les sorties entre amis, les activités sportives, l'aide du sénior et celle de l'association des internes en médecine générale.

Résultats attendus :
L'information concernant la prise en charge du syndrome d'épuisement professionnel doit être améliorée. Une sensibilisation des intervenants pédagogiques au département universitaire pourrait favoriser leur sollicitation par les internes en détresse.

Quelles interventions incitent les étudiants à choisir une carrière en médecine générale ? Revue systématique de la littérature

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Auteurs : E. Pfarrwaller,    J. Sommer,    C. Chung,    H. Maisonneuve,    M. Nendaz,    N. Junod Perron,    D. M. Haller
Courriel : hubert.maisonneuve@gmail.com

Introduction :
L'évolution de la démographie médicale nécessite de renforcer l'attractivité des carrières en médecine générale pour les étudiants de deuxième cycle. Les objectifs de cette revue étaient d'identifier des interventions pouvant augmenter la proportion d'étudiants choisissant la médecine générale, de décrire ces interventions, d'évaluer la qualité des études, et de comparer les résultats à ceux d'une revue de littérature de référence publiée en 1995.

Méthode :
Les auteurs ont cherché des articles publiés entre 1993 et 2013 dans plusieurs bases de données (MEDLINE, EMBASE, ERIC, CINAHL, PsycINFO, Cochrane Library, et Dissertations and Theses A&I). Des études quantitatives et qualitatives ont été inclues. Elles décrivaient des interventions en éducation médicale prégraduée et leur impact sur le choix de carrière en médecine générale. Les données concernant la méthodologie, l'intervention et les résultats pertinents ont été extraites, et la qualité des études a été évaluée.

Résultats :
66 articles décrivant 60 interventions ont été inclus. Les programmes longitudinaux étaient le seul type d'intervention  associés à une augmentation du choix de la médecine générale. Les interventions réussies utilisaient des formats d'enseignement variés, l'admission sélective des étudiants, et un enseignement de bonne qualité. Des modules ou stages isolés ne semblaient pas avoir d'effet significatif. La qualité de la recherche ne s'était pas améliorée depuis les recommandations publiées en 1995. Beaucoup d'études utilisaient des méthodes transversales, des questionnaires non-validés, sans groupes contrôle, et se passaient de cadre théorique.

Discussion :
Par rapport à notre article de référence, nous confirmons l'importance de programmes longitudinaux et variés pour augmenter la proportion d'étudiants choisissant une carrière en médecine générale. La recherche future devrait utiliser des méthodes d'évaluation plus rigoureuses et inclure des critères d'évaluation à long terme. Un suivi de cohorte parait pertinent.

Déterminants du respect du temps dédié à la formation facultaire par les internes de médecine générale durant les stages hospitaliers : une enquête qualitative

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Auteurs : S. Dawidowicz,  A. Taha,  J. Lebreton,  S. Chartier,  J. Cittée,  V. Renard
Courriel : seb.dawido@gmail.com

Introduction :
2 demi-journées hebdomadaires sur 11 sont dédiées à la formation facultaire de l'interne. Le non-respect de cette disposition réglementaire est fréquent durant les stages hospitaliers, et susceptible d'entraîner des difficultés aux internes pour leurs activités facultaires. L'objectif est d'explorer les déterminants du non respect de ces demi-journées du point de vue des maîtres de stage hospitaliers (MSH) et des internes de médecine générale (IMG).

Objectif :
Etude qualitative par 32 entretiens semi-directifs menés auprès de 15 MSH et 17 IMG sélectionnés par échantillonnage raisonné jusqu'à saturation des données de Juillet 2013 à Avril 2014. Les entretiens et l'analyse thématique du contenu ont été réalisés par 3 investigateurs.

Méthode et moyens :
Peu d'IMG et MSH connaissaient la définition d'une demi-journée de formation, mais cette connaissance modifiait peu le respect du temps dédié à la formation facultaire. Les obstacles à ce respect pouvaient êtres inhérents aux IMG, comme la culpabilité de s'absenter du service. D'autres étaient liés aux MSH, relevant de l'organisation des services hospitaliers ou en rapport avec le vécu de leur propre internat. Ils étaient souvent partagés comme la priorité donnée aux soins sur la formation. Certains obstacles étaient indépendants comme l'hétérogénéité des DES selon les spécialités.
Les principaux obstacles étaient communs aux IMG et MSH, relevant des représentations de la pédagogie, de la méconnaissance de la loi et du conflit identitaire soignant/étudiant chez les IMG et employeur/formateur chez les MSH.

Résultats attendus :
Les déterminants sont nombreux et ancrés dans le fonctionnement et la culture hospitalière ayant imprégné les IMG et MSH.

Quels leviers pour dépasser ces obstacles ? Plusieurs mesures pourraient permettre d'améliorer le respect du temps dédié à la formation facultaire : la formation à la maîtrise de stage pour les MSH, l'augmentation des stages ambulatoires dans la maquette, la clarification des tâches et fonctions de l'IMG en stage hospitalier.

Niveaux de rémunération souhaités par les internes de médecine générale pour leur exercice futur

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Auteurs : S. Perrotin ,  M. Lamort-Bouché
Courriel : so_perrotin@hotmail.com

Introduction :
Les revenus actuels des médecins libéraux, majoritairement à l'acte peuvent varier du simple au double, avec une moyenne de 76600 euros pour les omnipraticiens et 121300 euros pour les spécialistes. La rémunération représentant une clé pour maintenir l'attrait d'une profession, nous avons cherché à connaître les souhaits en terme de niveaux de rémunération des internes de médecine générale en fonction de données socio-démographiques.

Objectif :
Enquête quantitative descriptive tranversale. Un questionnaire mail a été envoyé à tous les internes du DES de médecine générale d'une région via le logiciel Limesurvey. Une à trois relances ont été effectuées.

Méthode et moyens :
428 réponses ont été analysées, avec un taux de réponses de 48 %. Les internes souhaitaient gagner 4312 euros net mensuels pour un temps de travail moyen de 4,5 jours. Les hommes (p<0,0001), les internes sans enfants (p=0,016), les internes souhaitant réaliser un DESC (p=0,006) et ceux préférant un exercice libéral (p=0,0003) souhaitaient avoir des revenus plus élevés. Pour 43% des internes, les niveaux de rémunération influençaient les choix professionnels et ceux ci avaient des désirs plus élevés en termes de niveaux de rémunération. 77% des internes sont prêts à baisser leurs revenus pour diminuer leur temps de travail, 93% pour améliorer leur qualité de vie et 82% pour améliorer leur qualité de travail.

Résultats attendus :
Les niveaux de rémunération souhaités restaient inférieurs à ceux des médecins installés et supérieurs à ceux des cadres. Les niveaux de rémunération ne sont plus les moteurs principaux des jeunes médecins probablement pour améliorer leur qualité de vie et de travail. Cette différence peut également s'expliquer par une mutation de l'"ethos" professionnel où les jeunes médecins tentent d'équilibrer leurs représentations familiales et le fait d'être un bon médecin.