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Quels sont les besoins de formation à la spirométrie des internes de médecine générale en fin de DES ?

Numéro : 90

Auteurs: C. Morin,  A. Lorenzo
Email: clementmorin@live.fr

Contexte.
L'évolution croissante des prévalences de l'asthme et de la Bronchopneumopathie chronique obstructive, la baisse attendue du nombre de pneumologues et le développement de spiromètres accessibles aux soins primaires légitiment la réalisation de spirométries par les médecins généralistes français. L'objectif principal était dévaluer les connaissances théoriques et pratiques des internes de médecine générale français en fin de troisième cycle, dans le domaine de la spirométrie.

Méthode.
Les internes remplissaient un questionnaire en ligne puis étaient classés en 4 groupes : connaissances théoriques et pratiques satisfaisantes (groupe 1) ; connaissances théoriques satisfaisantes (groupe 2) ; connaissances pratiques satisfaisantes (groupe 3) ; connaissances théoriques et pratiques non satisfaisantes (groupe 4).

Résultats.
1261 internes (29 facultés) ont été inclus entre février et avril 2012. 4,3% (54) des internes étaient situés dans le groupe 1, 35,2% (444) dans le groupe 2, 5,4% (68) dans le groupe 3 et 63,7% (803) dans le groupe 4.  Durant leur formation, les internes du groupe 1 ont significativement réalisé plus de stages dans un service de pneumologie (p < 0,0001, OR : 3,93, IC95% : 2,2-7,07).

Conclusion.
Parce qu'ils ont reçu une formation théorique et pratique, seuls 5% des internes de médecine générale se jugent habilités à la réalisation de spirométries. Une formation dédiée est nécessaire. A partir de nos conclusions, nous proposerons un modèle de formation à la spirométrie adapté aux internes et aux champs de compétences de la médecine générale. Nous souhaitons ensuite discuter du contenu et des modalités d'organisation de cette formation.

Enseigner l'empathie en médecine ?

Numéro: 147

Auteurs : E. Marin,  C. Perdrix
Email : doc.elsam@gmail.com

L'empathie est un élément de la relation médecin-patient aux effets bénéfiques, au programme des études de médecine.

Objectif.
Ce travail vise à rassembler des éléments sur l'empathie en médecine.  Comment elle est définie, pensée et appréhendée dans les enseignements médicaux. Quels sont les méthodes, évaluations et effets des stratégies pédagogiques visant à l'enseigner, la renforcer ou la promouvoir dans la relation médecin patient.

Méthode.
Revue de la littérature des articles indexés entre janvier 2006 et juin 2011 dans les bases de données de différentes disciplines avec en mot clé principal empathy associés à des descripteurs de la formation médicale. Inclusion de revues et d'études qualitatives et quantitatives.

Résultats.
45 articles ont été examinés selon leur définition de l'empathie, de son évaluation, des facteurs internes (personnels) et externes (environnement et éléments de la formation) qui l'influencent et des méthodes pédagogiques proposées. Les définitions de l'empathie varient avec notamment des perceptions divergentes des aspects émotionnels. Le « curriculum caché » semble un élément essentiel, bien qu'informel, de l'apprentissage de la relation médecin-patient.
Différentes stratégies pédagogiques sont corrélées à une augmentation de mesures de l'empathie et/ou à d'autres effets comme la diminution de l'épuisement professionnel. Il est proposé un enseignement varié, intégré à l'enseignement biomédical, soutenu au cours de la formation.

Discussion.
L'empathie est une faculté universelle impliquée dans les relations et la réflexion quotidienne, y compris le raisonnement médical et le jugement éthique. Il est nécessaire de chercher à la préserver chez les étudiants en médecine. La formation des médecins encadrant les étudiants (role modeling) et l'analyse des freins à l'établissement d'une attitude professionnelle empathique doivent être approfondis. Les émotions ne sont pas des artéfacts mais des indicateurs essentiels de la relation médecin-malade. Cela questionne la norme du détachement ainsi que l'intégration des aspects relationnels à l'enseignement biomédical.

L'oxymètre de pouls influence-t-il la prise en charge du patient en médecine générale ?

Numéro: 176

Auteurs : G. Colombet,  M. Oriol,  R. Charles,  P. Frappé,  J.-M. Vergnon
Email : rodolphe.charles@wanadoo.fr

Introduction.
L''oxymètre de pouls tend à conquérir la médecine générale malgré le manque de recommandations de bonnes pratiques à ce sujet. L''objectif principal de cette étude était d''évaluer l''impact de l''utilisation de l''oxymètre de pouls sur la prise en charge des patients consultant en médecine générale.

Méthodes.
Il s''agissait d''une étude prospective menée auprès des médecins généralistes maîtres de stage universitaires à la faculté de St-Etienne équipés d'un saturomètre. Sans modifier leur pratique, les praticiens renseignaient les critères de jugement lors de chaque mesure de SpO2 spontanée pendant 10 semaines.

Résultats.
Cinquante huit (48 %) des cent vingt et un médecins sollicités étaient équipés d''oxymètre de pouls. 397 mesures de SpO2 ont été réalisées et documentées par 36 praticiens. Les principaux tableaux cliniques motivant ces mesures étaient la bronchopneumopathie chronique obstructive (22 %), la pneumopathie (16 %), l''insuffisance cardiaque (14 %) et l''asthme (11 %), ou toute autre affection respiratoire. Le but de la mesure était d''orienter la prise en charge dans 257 cas (67 %). Dans environ un tiers des cas la SpO2 modifiait la perception de la gravité du tableau clinique (33 %), et la prise en charge du patient (39 %), entraînant 19 (5 %) hospitalisations non prévues initialement. L''attitude des médecins semblait s''inverser autour d'une SpO2 à 92 %.

Discussion.
Cette étude est à notre connaissance la première à montrer l''impact de l''utilisation du saturomètre sur le processus décisionnel en médecine générale. Néanmoins, en dépit de ses avantages, la mesure de SpO2 par oxymétrie de pouls présente des limites, ce qui souligne l''importance d''une information des médecins généralistes sur l''utilisation de cet appareil et la nécessité d''une adaptation des recommandations de bonne pratique.

« L'erreur médicale : analyse, impact, gestion » : un enseignement pour les internes de médecine générale.

Numéro : 34

Auteurs : E. Galam,  K. Mignotte,  M. Hess.
Email: egalam@hotmail.com

Introduction.
En 2004 et 2010 les études ENEIS montraient l'importance des événements indésirables graves (EIG)  en France et leur caractère souvent évitable : 4,5% des admissions en médecine (dont la moitié évitable) et 3,5% en chirurgie. Dès 2000, le rapport « To err is human » publié aux USA incitait au développement d'une culture de sécurité consistant à reconnaître les événements indésirables, les analyser pour en tirer enseignement (gestion des risques), accompagner les soignants qui y sont impliqués et développer la formation des médecins.

Méthode.
Le Département de Médecine Générale (DMG) Paris Diderot propose depuis 2 semestres un enseignement obligatoire (« Erreur médicale : analyse, impact, gestion ») pour tous les internes durant leur stage ambulatoire de niveau 1. L'enseignement comporte 2 séances de 2 heures : la séance « aller » permet d'introduire définitions, épidémiologie, analyses et problématiques et d'aborder rapidement une situation clinique vécue par les internes ; la séance « retour » sappuie sur les traces d'apprentissage produites par les internes à partir de la séance « aller » et travaillées en 5 sous-groupes de 4 internes. 

Résultats.
Le programme des 2 séances sera présenté ainsi que ses évaluations et les principaux enseignements pour les sessions à venir. La première constatation est qu'il vient combler un manque, le sujet n'étant jamais abordé dans le cursus. La deuxième relève de l'apparente facilité avec laquelle les internes évoquent des cas cliniques vécus et souvent difficiles.

Discussion.
La sécurité des patients est l'un des enjeux majeurs de la formation des médecins. Ses liens complexes avec l'erreur médicale et son caractère douloureux pour les patients comme pour les soignants la rendent difficile à gérer. L'incitation à la production de traces d'apprentissage et leur travail en commun permettent de les dédramatiser. L'enseignement de ces thèmes devrait être généralisé à toutes les facultés et en premier lieu à tous les DMG

L''enseignement des gestes et techniques en France : entre disparités et consensus

Numéro  : 48

Auteurs : C. Dumay,  J.-C. Cittée,  E. Drouard,  M. Médioni,  S. Bercier,  L. Compagnon,  V. Renard,  J. Le Breton,  C. Attali
Email: christian.dumay@free.fr

Aucun texte officiel n''explicite précisément en quoi consiste l''enseignement des gestes et techniques en 3e cycle des études médicales aussi bien au niveau des modalités d''enseignement qu''au niveau du type de gestes à enseigner. L'évolution des pratiques et de la démographie médicale ont poussé les enseignants investis à une réflexion régionale sur le contenu de cet enseignement, mais il est apparu souhaitable d''étudier ce qui se fait dans les autres facultés de France. Un questionnaire  sur les gestes enseignés et sur les modalités d''enseignement a été adressé aux responsables des différents départements de médecine générale de France. Nous avons eu 25 réponses sur 33 facultés.
Il y a 6 facultés qui ne font aucun enseignement facultaire sur le sujet. Ces enseignements sont obligatoires pour 8 facultés, facultatifs pour 8 et les deux pour 5 d''entre elles. Le nombre d''heures est très variable allant de 4 à 24h (moyenne à 12) reparties le plus souvent sur 2 ou 3 ans. Le nombre d''étudiants est de 24 en moyenne par cours. Seules 7 facultés demandent des traces écrites de cet apprentissage. Dans 13 d''entre elles c''est l''enseignant clinicien qui est chargé de vérifier cet apprentissage. Dans 4 d''entre elles, un contrôle est fait par ECOS.
Les gestes les plus fréquemment étudiés dans les enseignements dédiés sont les examens des articulations (avec les infiltrations) ainsi que les gestes gynécologiques (frottis, DIU et implants ) sur mannequins). Derrière ces points communs, on constate  beaucoup de disparités avec parfois des spécificités locales (gestes de réanimation , obstétricaux…).
L''acquisition de l''habilité à faire les gestes de médecine générale est un processus long, démarrant dans le deuxième cycle, faisant appel à de nombreuses ressources dans la formation initiale et même au delà. N''est-il pas souhaitable d'avoir une réflexion nationale sur cet apprentissage en troisième cycle ?